On retrouve aujourd’hui des restes de barriques en mer datée au carbone 14 d’avant Jésus Christ. Dans l’antiquité, sur les fresques romaines on trouve des tonneaux, on pense que les gaulois ont inventé la barrique, mais il n’y pas de certitude.
La barrique existe depuis plus de 2000 ans.
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cave du Comte de Lauze (Châteauneuf du pape) |
Au départ,
la barrique était utilisée en tant que récipient et servait surtout au
transport du vin. Actuellement, elle donne un apport aromatique et d’oxygène au
vin ou à l’alcool pour le faire évoluer dans les meilleures conditions. La
barrique telle qu’elle est fabriquée de nos jours, c’est-à-dire, le fait de la
cintrer, de la cercler, la pression des cercles tenant l’ensemble, le fait
d’être bombée et d’être utilisée en position couchée, d’avoir un fond taillé en
biseau qui est logé dans un jable où il vient s’insérer apportent ses qualités.
Il y a 2 000 ans les barriques était faites à la main et avec des cercles de
bois, mais de la même façon. Juste après-guerre, la tonnellerie représentait
une quantité importante d’emplois dans les départements viticoles (la Gironde,
la Bourgogne, la Charente, la région de Chinon).
Le métier de tonnelier s’est
réduit par le nombre d’entreprises, mais certaines sont devenues importantes et
à l’échelon industriel. L’évolution s’est faite depuis environ une cinquantaine
d’années, avant, il y avait de nombreux artisans qui travaillaient dans des
villages viticoles, chaque village avait son tonnelier. Des villes comme
Libourne ou Bordeaux avaient des rues entières de tonneliers.
Peu à peu, par
rapport au changement de travail, après la 2ème guerre mondiale, on a enlevé
dans les chais les grandes cuves en bois qui étaient faites par les tonneliers
pour les remplacer par des cuves en béton, puis plus tard, par des cuves en
inox.
Ce sont tous les outils des chais , les plaques de soutirage, les seaux, les
baquets, les douilles et les comportes qui servaient à transporter le raisin
dans les années 60-70.
Maintenant, le transport de la vendange se fait dans de
grandes bennes basculantes métalliques depuis le milieu des années 70, soit
pour des appellations plus prestigieuses des Châteaux, dans des cagettes pour
ne pas abîmer les raisins. Ce qui a supprimé une partie importante du travail
pour la tonnellerie française. Une multitude de petits tonneliers ont pris
leurs retraites et n’ont pas été remplacés puisque l’activité économique des
barriques était très faible. Le peu qui ont subsisté sont encore là
aujourd’hui.
Il y a donc, actuellement, en France environ 70 tonnelleries,
petites ou grandes structures.
L’évolution a été très rapide, déjà au niveau
technique. La barrique était un récipient qui servait soit à l’élevage, soit au
transport et à la vente des vins.
2de vie d'une vieille barrique |
Aujourd’hui, les barriques ne servent plus au
transport, le vin étant vendu en bouteilles, tout un marché a disparu et au
début des années 80, la barrique est devenue un composant aromatique du vin et
non plus un récipient, c’est un composant aromatique et oxygéna-tif.
Cela fait
20, 30 ans que l’on s’est rendu compte qu’il y avait cette micro oxygénation et
ces arômes sur la barrique neuve. Donc, maintenant, la durée de vie d’une
barrique se situe entre 3 et 5 ans, alors qu’il y a 25 ans, on réparait des
barriques qui avaient entre 30 et 40 ans. Le coût de la main d’œuvre était
moindre, on pouvait donc intervenir.
De nos jours avec le système comptable,
les amortissements etc… au bout de 3ans une barrique ne vaut plus rien. Avec le coût de la main d’œuvre élevé, on ne peut
pas réparer d’anciennes barriques. Le but, aujourd’hui, n’est plus d’avoir un
récipient dans le chai, mais une barrique avec apport micro oxygéna-tif et
apport aromatique, c’est ce qui a changé dans les 30 dernières années.
Voilé quelques gouttes d'histoire, au service de l' œnologie...
TT